Politique
Rapport Maping à l’Est de la RDC: Kabund désapprouve les propos de Kagame à Paris
Le président intérimaire de l’UDPS a également réagi ce mercredi 19 mai 2021 aux propos de Paul Kagame sur RFI et France 24 au sujet des actes des troupes rwandaises sur le sol congolais pendant les deux guerres du Congo.
« La posture négationniste du président Rwandais face aux crimes commis en RDC est une attitude d’un accusé plaidant non coupable », a déclaré Jean-Marc Kabund sur tweeter.
Et d’ajouter :
« L’essentiel pour nous, c’est l’institution sur base du rapport mapping d’un TPI-RDC afin que les auteurs qui qu’ils soient et où qu’ils se trouvent répondent »
Dans une interview accordée à RFI et France 24, le président rwandais Paul Kagame a nié l’implication de ses troupes dans des crimes commis pendant les deux guerres de la République démocratique du Congo (RDC). Il a accusé le docteur Denis Mukwege de se faire manipuler. Ces propos provoquent une levée de boucliers chez son voisin.
« Il n’y a pas eu de crimes. Absolument pas. C’est la théorie du double génocide qui est à l’œuvre », affirme sans complexe le président rwandais Paul Kagame dans un entretien accordé à Radio France Internationale et France 24. Interrogé sur le plaidoyer mené récemment en France par le docteur Denis Mukwege en faveur de la reconnaissance des crimes commis pendant les deux guerres du Congo, y compris par les troupes rwandaises, le chef de l’État rwandais accuse le prix Nobel de la paix congolais d’être « un outil de forces que l’on ne voit pas ».
« On lui dit quoi dire », renchérit M. Kagame. « Le rapport du projet Mapping [rapport d’experts indépendants mandatés par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme qui répertorie les crimes commis entre 1993 et 2003] a été extrêmement controversé en RDC, il est hautement contesté par les gens, il a été très politisé. »
Le projet Mapping a pourtant mobilisé plus d’une vingtaine d’enquêteurs indépendants qui pendant presque un an ont recensé par ordre chronologique et par province 617 « incidents », des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et de possibles crimes de génocide commis entre 1993 et 2003. Cette période couvre les deux guerres du Congo qui avaient impliqué jusqu’à neuf armées étrangères. Les troupes rwandaises et les rébellions qu’elles soutenaient sont de loin les plus citées dans ce rapport publié par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en 2010. « Il y a d’autres rapports qui sont sorties qui disent tout à faire le contraire », assure le président Paul Kagame, sans les citer.
Guerre secrète
Le chef de l’État rwandais a également nié la présence de ses troupes dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon un rapport du groupe d’experts de l’ONU sur l’embargo sur les armes et l’exploitation illégale des ressources daté de janvier 2021, l’armée rwandaise était présente en RDC entre fin 2019 et octobre 2020 et a mené « des opérations en violation du régime de sanctions » au Nord-Kivu. « Je demande aux Nations unies d’aller plus loin et de se poser la question de savoir pourquoi le Rwanda devrait se rendre en RDC alors que ce sont eux les responsables de cette situation », répond Paul Kagame avant de démentir : « Si nous y étions, ça ne serait pas un échec. Ça, je peux vous assurer qu’on n’échouerait pas à régler le problème des groupes armés ». RFI avait publié en avril 2020 une enquête en deux volets détaillant la guerre secrète menée par Kigali contre des groupes qui lui sont hostiles en RDC comme les rebelles hutus rwandais FDLR.
Pour Paul Kagame, l’échec du règlement de la crise de l’Est se situe à plusieurs niveaux, mais il l’impute notamment à la Mission des Nations unies au Congo (Monusco). « Qu’avez-vous fait là pendant 24 ans ? Vous y allez pour régler un problème, que s’est-il passé », lance le président rwandais aux micros de RFI et France 24, avant d’ajouter : « C’est un énorme échec, c’est peu de le dire ! » Le chef de l’État rwandais semble encore s’interroger sur les dernières mesures prises par son allié, le président Félix Tshisekedi, au Nord-Kivu et en Ituri : « C’est une chose que de mettre en place l’état de siège, pour ma part, je le ferais aussi, mais je suivrais ça par des actions bien réfléchies et planifiés pour mener des actions concrètes et ne pas avoir le même problème au bout de cinq ans ou même un problème plus important. »
Des discussions sont en cours entre pays de la région des Grands Lacs pour mettre en place une stratégie visant à lutter contre les groupes armés étrangers présents dans l’est de la RDC. Interrogé sur l’opportunité de lancer des opérations conjointes avec l’armée congolaise, le président assure que « ce n’est pas à exclure ». « Ça dépend toujours de la situation au moment dit, il faut que les deux parties discutent pour voir si ça peut marcher, quelles sont les coûts d’une part, les avantages de l’autre et qu’une décision soit prise », a-t-il précisé avant d’ajouter sur ses relations avec le régime du président Tshisekedi : « La chose la plus importante ici, c’est qu’au moins, il y a cette ambiance qui nous permet de dialoguer et qui faisait défaut auparavant. »
Abed Masiri
-
Politiqueil y a 6 ansRDC -Rénovation du sénat : non satisfaite de la réponse de Thambwe Mwamba, la sénatrice Goya exige une commission d’enquête parlementaire
-
Politiqueil y a 6 ansRDC: le premier ministre annule l’arrêté nommant les Secrétaires généraux de l’administration
-
Politiqueil y a 6 ansRDC : la présidence de la République dénonce la circulation de faux documents sur les réseaux sociaux
-
Mondeil y a 5 ansDiplomatie : La RDC et l’Union Européenne s’accordent sur les conditions de voyage pendant la période de Covid-19
-
Sportil y a 6 ansRDC : Florent Ibenge rend ses tabliers à l’équipe nationale
-
Politiqueil y a 6 ansLualaba : Les accusations contre Richard Muyej pour trafic d’uranium sont des mensonges et de pires inventions (proches)
-
Educationil y a 5 ansRDC-EPST : Le président Tshisekedi donne le go de la reprise des cours à l’institut de la Gombe
-
Sociétéil y a 6 ansBeni: La société civile appelle à l’incivisme fiscal pour contraindre les autorités à restaurer la paix