Suivez-nous sur

Afrique

Gabon : L’ex-putschiste Oligui Nguema investi président

Publié le

sur

Le président Brice Oligui Nguema a prêté serment, samedi 3 mai, dans un stade près de Libreville devant environ 40 000 personnes, mettant fin à son rôle de chef de la transition, 19 mois après la destitution du président Ali Bongo.

Brice Oligui, général de brigade qui a mis fin à plus de 55 ans de règne de la famille Bongo au Gabon, a prêté serment sur la nouvelle constitution approuvée par référendum pendant la transition en novembre 2024.

Le général-président, plébiscité le 12 avril avec 94,85 % des voix, avait fait son entrée dans le stade vers en début d’après-midi, saluant la foule debout à l’arrière d’une voiture au toit ouvert, en costume civil sombre, écharpe rouge sur le torse. Il prend officiellement les commandes du pays pour un mandat de sept ans.

À lire aussi
Oligui Nguéma élu avec plus de 90% des voix : une nouvelle ère au Gabon ?

« L’élection du Président de la République met fin au processus de transition et marque en conséquence le retour à l’ordre constitutionnel », a-t-il martelé lors de son discours d’investiture, où il a « célébré l’aurore d’un nouveau départ démocratique ».

Avant un retour complet à l’ordre constitutionnel, le Gabon devra encore organiser des élections législatives, prévues avant la fin de l’été.

« Un modèle type de transition réussie »
Le stade d’Angondjé ou stade de l’amitié sino-gabonaise, au nord de la capitale, a accueilli les Gabonais munis de billets d’entrée distribués gratuitement. C’est la première fois au Gabon qu’une cérémonie de prestation de serment présidentielle a lieu devant un public aussi large.

À lire aussi
Au Gabon, Libreville se prépare pour l’investiture du président Brice Oligui Nguema

Plusieurs chefs d’État du continent africain sont arrivés dans la capitale gabonaise dès vendredi soir. Parmi eux, Umaro Sissoco Embalo (Guinée Bissau), Adama Barrow (Gambie), Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique) ou encore Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale).

Le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi a fait son entrée au stade samedi à la mi-journée, peu avant le chef de l’État rwandais Paul Kagame. Kigali et Kinshasa sont actuellement en pourparlers pour tenter de mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC.

Et le général Mamadi Doumbouya, qui a pris le pouvoir par la force en septembre 2021 en Guinée, est arrivé vêtu d’habits traditionnels africains, comme le président tchadien Mahamat Déby.

« Désormais, le Gabon est membre à part entière des États démocratiques et sera à tout jamais un modèle type de transition réussie », a dit Faustin-Archange Touadéra dans une allocution en tant que facilitateur de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEAC) pour la transition gabonaise.

La France est représentée à Libreville par son ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad.

Dès mardi soir, dans un ultime communiqué, les militaires et membres des forces de sécurité du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), l’organe mis en place après la chute du régime d’Ali Bongo, ont annoncé leur dissolution.

« Retour des militaires dans les casernes »
« La prestation de serment par le président de la République élu (…) mettra fin à la présidence de transition et conduira au retour à l’ordre constitutionnel civil », a déclaré dans un communiqué vidéo le colonel Ulrich Manfoumbi, porte-parole du CTRI, officialisant le « retour des militaires dans leurs casernes ».

De sérieux défis attendent désormais Brice Oligui Nguema à la tête du Gabon, un pays riche en pétrole, mais dont l’économie est en difficulté.

Parmi les principales préoccupations, le réseau d’électricité vieillissant occasionne de nombreuses coupures d’électricité, le chômage des jeunes avoisine les 40 %, les infrastructures routières sont absentes ou dégradées et la dette du pays devrait atteindre les 80 % du PIB en 2025.

Durant la transition, le président Oligui Nguema s’est présenté comme un « bâtisseur » en lançant ou relançant de nombreux chantiers de construction au Gabon.

La lutte contre la corruption fait également partie des priorités du président qui a estimé que le nouveau régime « pose l’exigence de mettre fin à l’impunité, à la corruption, au laxisme et à la paresse ».

Selon la nouvelle Constitution, le président élu prendra la tête du pays avec des pouvoirs élargis. Le poste de Premier ministre a été supprimé à la faveur de la création d’un poste de vice-président.

« Le chemin qui conduit à l’essor vers la félicité sera long, mais avec le travail, la discipline, l’effort, la foi en notre pays, nous déplacerons les montagnes », a-t-il conclu en référence aux paroles de l’hymne national.

La cérémonie s’est achevée en fin d’après-midi par un défilé militaire.

Avec AFP

Les plus populaires