Algérie : le président Abdelmadjid dissout le parlement et appelle à des élections anticipées

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Avec le Parisien.fr

Tout juste de retour d’Allemagne, où il était soigné pour des complications post-Covid, le président algérien Tebboune a annoncé la dissolution du Parlement ce jeudi dans une adresse à la Nation. Il a également appelé à des élections anticipées et va procéder à un remaniement ministériel dans les 48 heures.

« J’ai décidé de dissoudre l’Assemblée populaire nationale (APN) pour appeler à des élections », a affirmé M. Tebboune qui a dit souhaiter « ouvrir ses portes à la jeunesse ». Ce remaniement, « concernera des secteurs qui enregistrent des déficits dans leur gestion ressentis par les citoyens et nous-mêmes », a-t-il également dit.

Depuis une semaine le président a multiplié les consultations avec six partis politiques, dont des formations de l’opposition. Le chef de l’Etat n’a toutefois pas reçu les deux partis majoritaires au Parlement, le Front de libération nationale (FLN) et le RND (Rassemblement national démocratique), très impopulaires en raison de leur proximité avec l’ex-président Abdelaziz Bouteflika et son clan.

Ces consultations surviennent dans un contexte de crispation du régime à l’approche du deuxième anniversaire du Hirak, mouvement de protestation populaire inédit déclenché le 22 février 2019 et qui a forcé M. Bouteflika à la démission deux mois plus tard. Des appels à manifester lundi dans toute l’Algérie circulent sur les réseaux sociaux.

Abdelmadjid Tebboune a d’ailleurs annoncé des mesures d’apaisement, avec la grâce pour plusieurs dizaines de détenus du Hirak.

« Le Hirak béni a sauvé l’Algérie. J’ai décidé d’accorder la grâce présidentielle à une trentaine de personnes pour lesquelles une décision de justice avait été rendue ainsi qu’à d’autres pour lesquelles aucun verdict n’a été prononcé. Entre 55 et 60 personnes rejoindront à partir de ce soir ou demain leur famille », a-t-il déclaré dans un discours à la Nation télévisé.

Quelque 70 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie en lien avec les protestations du Hirak et/ou les libertés individuelles, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Des poursuites fondées dans au moins 90 % des cas sur des publications critiques envers les autorités sur les réseaux sociaux. Dans un tweet, la présidence a précisé que la grâce concernait les « auteurs de crimes liés aux technologies de l’information et de la communication ».

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