Coup d’État au Burkina Faso : Un capitaine de l’armée renverse un colonel

Le mot «confusion» est celui qui revenait le plus souvent vendredi au Burkina Faso. Le président, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été démis de ses fonctions par des militaires vendredi soir. Il était lui-même arrivé au pouvoir par un putsch fin janvier.

Les militaires ont également annoncé dans une déclaration lue à la télévision la fermeture des frontières terrestres et aériennes à partir de minuit, la suspension de la Constitution et la dissolution du gouvernement.

Les autorités s’étaient pourtant voulues rassurantes à la mi-journée. Dans un communiqué publié sur Twitter, le colonel Paul-Henri Damiba évoquait une situation forcément «confuse» et un «mouvement d’humeur de certains éléments des forces armées».

Le désormais ex-chef de la junte affirmait cependant que «des pourparlers» étaient «en cours pour ramener le calme et la sérénité».

Joint par téléphone, Lionel Bilgo, porte-parole du gouvernement parlait lui aussi «d’une crise dans l’armée» en raison de «revendications liées à des primes et à certains traitements» avant lui aussi d’insister sur «les échanges» pour «un dénouement» dans le calme.

Un Burkinabé, fin connaisseur des rouages, parlait pourtant déjà «de coup d’Etat».

Les événements de la soirée lui auront donné raison. Un capitaine de l’armée renverse un colonel.