Gabon : L’ancien porte-parole du chef de l’État condamné à 8 ans de prison pour « détournement de fonds publics »

L’ancien porte-parole de la présidence du Gabon, Ike Ngouoni, a été condamné à huit ans de prison ferme par la Cour criminelle spéciale de Libreville pour « détournement de fonds publics » et « blanchiment de capitaux », ont annoncé à l’AFP ses avocats.

M. Ngouoni écope également d’une amende de 50 millions de francs CFA (65.000 euros) et de 5 milliards (7,5 millions d’euros) à titre de dommages et intérêts à verser à l’État gabonais.

« C’est une décision injuste, un acharnement », a déclaré à l’AFP son avocate, Me Carole Moussavou, réaffirmant que les fonds gérés par M. Ngouoni n’étaient « pas publics car ils ne provenaient pas du Trésor mais d’un compte privé ».

« Ce n’est pas une affaire judiciaire, c’est une affaire politique », a poursuivi à l’AFP son autre conseil, Me Anges-Kevin Nzigou qui a annoncé qu’un pourvoi en cassation serait déposé « dans les prochains jours ».
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L’ancien conseiller spécial du président Ali Bongo Ondimba a été reconnu coupable de « détournements de fonds publics » entre 2017 et 2019 alors qu’il était en poste comme responsable de la communication présidentielle.

M. Ngouoni a été innocenté sur les volets « concussion » et « complicité de détournement de fonds publics ».

Le parquet avait requis lundi quinze ans de prison.

M. Ngouoni avait été arrêté en 2019 dans le cadre d’une vaste opération anti-corruption baptisée « Scorpion », qui avait également entraîné la chute de l’ex-directeur de cabinet du président, le franco-gabonais Brice Laccruche Alihanga, ainsi que plusieurs autres hauts-fonctionnaires gabonais.

M. Laccruche a été condamné en octobre 2021 à cinq ans de prison ferme pour « délivrance indue de documents administratifs ».

La semaine dernière, Patrichi Tanasa, l’ancien administrateur-directeur général de la Gabon Oil Company (GOC), une entreprise publique dont la gestion se trouve être au cœur de cette opération, a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle pour « détournement de fonds publics ».

Cet ancien bras droit de Brice Laccruche a également écopé d’une amende de 70 millions de francs CFA, environ, 105.000 euros, et 20 milliards (30 millions d’euros) à rembourser à l’État gabonnais, selon le parquet gabonais.

Avec AFP