Kasaï Central : Les lulua/Bena Mutombo alertent le chef de l’État sur leur marginalisation dans les institutions du pays

Après avoir procédé à l’examen de la situation politique de l’heure en République Démocratique du Congo depuis l’avènement du président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, les Bena Mutombo du Kasaï Central, groupe ethnique majoritaire de luluwa, sortent de leur silence et expriment déjà leur désapprobation vis-à-vis de ce qu’ils qualifient de marginalisation dans les institutions. Ça murmure déjà dans tous les couloirs de la diaspora et dans la capitale congolaise.

Selon certains ténors de ce groupe ethnique qui se sont approchés des médias , il se constaterait que toutes les nominations rendues publiques dans les institutions (présidence, gouvernement, sénat , assemblée nationale, mandataires publics et gouvernement provincial ) n’auraient rien à voir avec la cohésion du Kasaï Central en particulier tel que stipule la constitution du pays en ce qui concerne les principes d’inclusivité et d’équilibre géopolitique.

Ils citent notamment de la présidence où tous les Bakua Katawa seraient promus en majorité membres du cabinet et bénéficieraient de tous les privilèges du pouvoir au détriment de Bena Mutombo, s’indigne un notable des Bena Mutombo résidant à New-York.

Selon la même source, la population s’inquièterait de la crise que traverse la province malgré la bonne volonté du chef de l’État à cause de la confiance placée dans les personnalités qui ont géré et qui gèrent encore les projets de 100 jours, Tshilejelu et aujourd’hui 145 territoires.

Dans leur alerte, les Bena Mutombo déplorent également la politique de la chasse à l’homme par l’entourage du président de la République de surcroît Katawa.

La dernière situation en date , selon eux , est celle de François Beya où le président Félix Tshisekedi attend toujours des accusateurs de Fantômas des preuves tangibles et palpables de ce présumé coup d’Etat alerté dans les médias.

« Malheureusement, elles tardent d’arriver, mieux elles risquent de ne pas arriver malgré le colportage en chantier »

Et de poursuivre :

« Que selon certaines indiscrétions, un scénario de diabolisation serait monté par certains frères luluwas/Katawa proches du gouverneur de province de faire venir l’IGF dans la province pour contrôler une fois de plus la gestion de la province soit de 2017 à 2021, période auditée par la Cour de compte qui a déjà élaboré ces différents rapports 2017 ,2018, 2019, 2020 et 2021 qui , actuellement pris en compte par l’Assemblée nationale. La curiosité de cette période suspecte est que ce sont les deux Mutombo à l’instar de Denis Kambayi et Martin Kabuya qui étaient à la tête de la province. La question que cette diaspora se pose : Pourquoi le gouverneur a t-il oublié de faire aussi appel à la gestion d’un katawa Alex Kande avec des dossiers comme: »megatron » et assassinat du grand chef coutumier kamuina nsapu ? »

Pour une petite histoire ; en novembre 1985, à l’occasion de la finale de la Coupe du Zaire des clubs champions opposant Tshinkunku de Kananga à Bilima de Kinshasa, la “UNE” de la rubrique sportive du quotidien de Kinshasa Salongo décrivait ainsi la mobilisation des habitants de Kananga:

L’hallali de guerre résonna: toutes les vieilles sorcières des Bakwa Katawa et Bena Mutombo accoururent “nues” à l’appel du grand chef Kalamba pour immoler Bilima.

Ce reportage, qui passa presqu’inaperçu, avait pourtant un caractère hautement symbolique puisqu’il traduisait une réalité devenue banale: la division de fait du groupe ethnique “Luluwa,” qui avait cent ans d’existence, en deux groupes distincts, les Bakwa Katawa et les Bena Mutombo.

Ce constat poussa l’opinion à en savoir davantage sur les origines du groupe ethnique usager du Ciluba appelé “Luluwa,” sur les influences que le groupe a subies, la stabilisation de sa dénomination, le moment privilègié de la création de ce groupe, et enfin la dynamique de sa scission en deux groupes presque antagonistes.

Les Bena Mutombo demeurent majoritaires dans la région selon le dernier rapport de l’ONU.

Il en résulte un “centre“ dans les territoires et une “périphérie à Kananga pour les Katawa.”

Le centre comprend les descendants de Mande Katawa (Bena Kapuku, Bena Mande, Bena Mukadi, et Bena Mukangala), les descendants de Ntiite Maloba, et ceux de Muena Mushilu; ces clans entourent en quelque sorte la ville de Kananga. La “périphérie” comprend tous les clans qui ont en commun l’éloignement géographique de la ville de Kananga.
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Suivant de près l’évolution des questions politiques nationales du pays et celles provinciales du Kasaï Central, la diaspora Luluwa/Bena Mutombo de New-York en soutenant la vision du chef de l’État en ce qui concerne la réalisation effective du projet barrage de Katende, le prie d’ouvrir l’oeil et le bon sur ce dossier, mais aussi voir dans quelles mesures corriger ces injustices » conclut l’un de ses cadres.

Abed Masiri