Mali : Une tentative de coup d’Etat déjouée par la junte militaire

A supporter of Malian Interim President Assimi Goita holds up his image during a pro-Junta and pro-Russia rally in Bamako on May 13, 2022. Several hundred Malians have gathered in Bamako to support the junta, the army and military cooperation with the Russians, AFP journalists report. (Photo by OUSMANE MAKAVELI / AFP)

Aucune information n’avait filtré sur une tentative de coup d’Etat qui serait survenue la semaine dernière au Mali, jusqu’à la diffusion, lundi 16 mai, d’un communiqué du gouvernement de transition installé par les militaires.

« Dans le dessein malsain de briser la dynamique de refondation du Mali, un groupuscule d’officiers et de sous-officiers antiprogressistes maliens a tenté un coup d’Etat dans la nuit du 11 au 12 mai 2022 », dit le communiqué, lu en soirée à la télévision d’Etat.

« Ces militaires étaient soutenus par un Etat occidental », ajoute-t-il. « La tentative a été déjouée grâce à la vigilance et au professionnalisme des forces de défense et de sécurité », poursuit-il, précisant que les personnes interpellées seront remises à la justice. Mais le document ne mentionne ni leur identité ni le lieu de leur détention.

Un responsable militaire s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, compte tenu de la sensibilité du sujet, a parlé d’une dizaine d’interpellations effectuées, et informe que d’autres étaient en cours.

« Tous les moyens nécessaires » sont mobilisés pour l’enquête et la recherche de complices, dit le communiqué officiel. Le gouvernement y assure « que la situation est sous contrôle et invite les populations au calme ». Selon le texte, les contrôles ont été renforcés aux sorties de la capitale, Bamako, et aux frontières.

Le Mali, plongé dans des crises sécuritaire et politique profondes depuis le déclenchement d’insurrections indépendantiste et djihadiste en 2012 dans le Nord, a été le théâtre de deux coups d’Etat menés par le même groupe de colonels, en août 2020 et mai 2021. Le pays est désormais dirigé par une junte, qui s’est détournée de la France et de ses partenaires, et leur a préféré vers la Russie pour tenter de freiner la progression djihadiste qui a gagné le centre et le Burkina Faso et le Niger voisins.

La junte, confrontée à des sanctions imposées par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), martèle un discours patriotique et souverainiste, face auquel les opposants peinent à se faire entendre. Les militaires sous la conduite du colonel Assimi Goïta ont renoncé à leur engagement initial de rendre le pouvoir à des civils après des élections programmées en février 2022.

Le colonel Goïta, investi président de transition en juin 2021, avait été visé au mois de juillet suivant par l’attaque d’un homme qui avait tenté de le poignarder. Il s’en était tiré indemne. Son agresseur était mort quelques jours après. Les autorités avaient invoqué une dégradation de son état de santé au cours des investigations, sans plus de précision. Aucune information n’a été rendue publique depuis lors sur l’évolution de l’enquête.