RDC-Proposition de la suspension contre le DG ai de la RTNC : L’agitation des syndicats ne s’explique pas pendant la mission de l’IGF ! ( Tribune)

Premier jeune à occuper le ministère des Médias en RD Congo depuis l’indépendance, le ministre Patrick Muyaya ne cesse de défrayer la chronique. Un torrent d’articles et de vidéos s’observe dans les médias aussi bien traditionnels que dans les réseaux sociaux sur la situation qui prévaut à la Radio Télévision Nationale Congolaise.

Il est ainsi pris à partie au sujet, principalement, de ce que l’on appelle désormais «Affaire Grève» à cette télévision publique. Des commentaires vont dans tous les sens. Pis encore, des inconscients s’en mêlent. Un véritable imbroglio ! Après recoupement de plusieurs sources, dont les membres du Cabinet du ministre qui ont requis l’anonymat par déférence au Premier ministre qui pilote le dossier RTNC, il s’avère que le ministre des Médias s’oppose à toute pression politique et ne reproche rien à la gestion actuelle de Freddy Mulumba Kabuayi dans ce « dossier Grève » car la situation salariale à été gérée au ministère de tutelle puis transmis déjà au ministère pour signature et approbation.

En effet, il s’observe également que sous le président Joseph Kabila ou sous son influence, des ministres des budgets avaient refusé d’exécuter cette mesure.

L’exemple le plus patent est celui des ordonnances nommant, notamment, l’actuel Premier ministre comme DG de la Gécamines. Il eut fallu une année, sur fond des négociations politiques, pour qu’elles entrent en vigueur !

Au Cabinet du ministre des Médias, l’on est optimiste quant à l’épilogue de l’affaire qui prévaut à la RTNC. L’on soutient que le directeur général ai de la RTNC se réfère toujours à la vision du ministre. Contrairement à ce que pensent d’aucuns, l’on ne trouve pas que Freddy Mulumba soit en rébellion envers le ministre, d’autant qu’il assure l’intérim après le décès inattendu de son titulaire. A ce jour , il a hérité tous les problèmes noirs à quelques mois seulement.

Le DG ai est conscient de la limite de ses pouvoirs pendant cette période d’intérim. La preuve : il en réfère au Cabinet pour obtenir l’autorisation , entre autres la mission de contrôle initiée par les inspecteurs de l’IGF avec la bénédiction du ministère.

Et pourtant la compétence de Mr Freddy Mulumba n’est pas à démontrer. Il est détenteur de plusieurs diplômes universitaires, dont la licence en science politique.

L’agitation de la délégation syndicale ne s’explique pas

En date du 13 juillet et une autre date plutard, le directeur général ai de la RTNC s’est investi à trouver une solution à l’amiable sans succès. Quelque minutes plutard, la délégation syndicale a été invitée par le ministre Patrick Muyaya mais personne n’avait répondu à cette invitation sauf l’employeur.

Plutard , l’inspection générale de Travail s’est lancée dans cette affaire sur la demande du gouvernement. Un procès-verbal (PV) diffusé plutard avait annoncé la suspension de la grève vu que toutes les parties s’étaient retrouvées pour cette séance de travail.. N’ayant pas rapporté une bonne information aux agents et cadres , certains syndicats ont fait fi de la déontologie et de l’éthique pour intoxiquer l’opinion contre Freddy Mulumba. Aussi, une partie du personnel, singulièrement les nouvelles unités (NU) non concernées par la question de la prime qui constitue un des griefs à charrge contre le ministre Patrick Muyaya, n’est pas restée non plus en marge.

Au Cabinet du ministre, l’on ne s’explique pas l’agitation dont fait montre les syndicats.

Connaissant par cœur les procédures, ces derniers savaient pertinemment bien qu’ils devraient attendre le ministre en mission avant peut-être de grèver.

Pourtant, leurs préoccupations ont été en bonne et due forme prises en compte par l’employeur .

Pour des raisons de confidentialité, le Cabinet du ministre se refuse de les publier. Ce serait une entorse administrative.

Aussi, les collaborateurs du ministre ne s’expliquent pas l’opportunité des griefs retenus contre la personne du directeur général ai de la RTNC.

Au sujet du grief , on se montre très avare des déclarations lors de la rencontre du jeudi au bureau du ministre pour une possible suspension de l’employeur. L’on fait remarquer cependant qu’aucun détournement n’est à démontrer pendant cette période où l’IGF est entrain d’effectuer une mission de contrôle . Il est dès lors inconvenant qu’il se trouve des agents, recrutés contrairement aux procédures, qui ne touchent que la prime et non le salaire, amenuisant de ce fait ce qui reviendrait de droit aux agents réguliers qui n’arrêtent pas de récriminer. C’est ce qui explique les deux camps observés parmi les agents dans la foulée de la grève: plusieurs «ayant-droit» soutiennent la volonté du DG Freddy Mulumba, estimant que l’on doit voir clair dans ce dossier piloté par le défunt DG Ernest Kabila qui aurait dû, en son temps, reverser à la RTNC ceux qui passent pour «des irréguliers», alors que ces derniers, se voyant in fine sans emploi, n’ont pas d’autre choix que de le diaboliser.

L’attitude des syndicats est jugée suspecte. Elle dénote de l’indiscipline, de l’insubordination, voire de la rébellion qui prend de plus en plus corps dans les institutions de l’Etat où, dans un passé récent, des ministres ont trouvé normal de se mettre en porte-à-faux par rapport aux décisions et ordres du président de la République. Pourquoi, par ailleurs, faire allusion au président de la République et à l’Union sacrée dans une question individuelle dans laquelle ceux-ci n’interfèrent nullement ? Ce ne sont pas des pratiques à encourager en ce moment où l’autorité de l’Etat doit être réhabilitée. Les syndicats feraient œuvre utile en mettant à profit le timing fixé par la procédure pour grèver.

Agir autrement, ce serait une fuite en avant avant la fin de la mission de l’IGF.

Il y a eu plus de peur que de mal dans la situation qui prévaudrait à la RTNC. Il s’avère que les bonnes relations entrent le ministre et le DG ai dans l’ordre normal des choses. Le souhait est que leur épilogue intervienne le plus rapidement possible afin que le ministre Muyaya, du reste préoccupé par la légalité au sein de son ministère, s’attaque aux dossiers sérieux, à savoir, notamment, la lutte contre la fraude et la contrebande et la modernisation du secteur médiatique à baliser la voie vers les réformes.

Vu toutes ses diabolisations sans fondement, donc le péché commis par Freddy Mulumba à un mois seulement de gestion est d’être un Kasaïen ? fief biologique du président Tshisekedi ?

Nous espérons que le ministre garant du bon fonctionnement de cette télévision publique, ne fera pas passer cette bourde montée par les vendeurs d’illusion.

Sylvain Mukendi, Assistant des Universités et vice président de la commission de formation UNPC