Tunisie : un nouveau gouvernement est connu

Le président tunisien Kaïs Saïed a annoncé lundi dans un communiqué avoir approuvé le nouveau gouvernement proposé par la Première ministre Najla Bouden, nommée fin septembre.

La Tunisie s’est dotée, lundi 11 octobre, d’un nouveau gouvernement, onze semaines après l’éviction du précédent cabinet par le président Kaïs Saïed, qui s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet.

« Le président de la République promulgue un décret nommant le chef du gouvernement et ses membres », a indiqué la présidence dans un communiqué, peu avant la diffusion par la télévision officielle de la cérémonie de prestation de serment.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, la formation du gouvernement a été confiée à une femme, l’universitaire Najla Bouden, mais celle-ci ainsi que son équipe jouiront de prérogatives considérablement réduites après le coup de force de Kaïs Saïed.

Samir Saïd, un banquier, a été nommé ministre de l’Économie et de la Planification tandis que l’avocat Taoufik Charfeddine a retrouvé le portefeuille de l’Intérieur dont il a déjà été le titulaire entre septembre 2020 et janvier 2021.

Un gouvernement de 26 membres

Dans un discours lors de la prestation de serment, la Première ministre âgée de 63 ans a affirmé que « la lutte contre la corruption sera le plus important objectif » de son gouvernement, qui compte 25 membres outre sa cheffe.

L’annonce du nouveau gouvernement survient au lendemain d’une nouvelle manifestation à Tunis contre les mesures d’exception décidées par le président tunisien, à laquelle ont participé au moins 6 000 personnes dans la capitale Tunis.

Après deux mois d’incertitudes, Kaïs Saïed a promulgué le 22 septembre un décret officialisant la suspension de plusieurs chapitres de la Constitution et instaurant des « mesures exceptionnelles », censées être provisoires, le temps de mener des réformes politiques, dont des amendements à la Constitution de 2014.

En pleine crise socio-économique et sanitaire et après des mois de blocage politique, Kaïs Saïed avait invoqué un « péril imminent » pour justifier ses actions, dénoncées comme un « coup d’État » par ses opposants et des ONG.

Avec AFP